Grenouillet, Corinne, et Éléonore Reverzy, ed. Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric-Louis Sauser, est un écrivain d'origine suisse, naturalisé français, né le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel (Suisse), et mort le 21 janvier 1961 à Blaise Cendrars, La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, 1913. Les minerais viennent du Chili, les conserves d’Australie, les cuirs d’Afrique. Voir Philippe Chardin, Le Roman de la conscience malheureuse : Svevo, Gorki, Proust, Mann, Musil, Martin du Gard, Broch, Roth, Aragon, Genève, Droz, 1982. Cendrars prend alors la posture, distanciée, d’un essayiste désignant les travers du monde dans lequel il vit. Cendrars change la perception du poème : le lecteur est amené à lire l’œuvre non plus assis mais debout. Ce mouvement se rapproche du Parti communiste sous l’action d’Aragon. 24Le refus de considérer que la vie des hommes puissent être organisées rationnellement, soumise à un ordre politique, rappelle les racines libertaires et la tradition anarcho-syndicaliste, individualiste, de la pensée de Cendrars. Quant à l’action politique, elle est en général discréditée, réduite à une guerre de clans (l’opposition entre le PPF et le Parti communiste à Saint-Denis dans La Banlieue de Paris) ou vouée à l’échec en raison du manque d’envergure des participants. En 1926, il écrit L’Eubage , voyage intersidéral au cours duquel des marins lèvent l’ancre et se rendent dans les parages du ciel : 27 Claude Leroy, préface à Le Lotissement du ciel suivi de La Banlieue de Paris, op. Cette mise en garde prend « à rebrousse-poil les amateurs de littérature engagée27 ». Le premier, noble vaniteux, fat et bavard creux, édifie une cité ouvrière sur des terrains marécageux qui devient son « fief électoral » ; le châtelain-propriétaire est bientôt élu à la mairie puis au conseil général et enfin à la chambre (HF, p. 320-322). 19 « D’une heure à l’autre une bombe peut vernir mettre le point final au milieu de mon manuscrit » (HF, p. 234). 54S’il entend échapper à la question politique, Cendrars ne peut donc totalement s’empêcher de l’effleurer : c’est qu’on n’écrit pas dans une tour d’ivoire quand on se veut écrivain du monde entier et au cœur du monde. « Les Cahiers Blaise Cendrars » no 6 (en particulier « Une vision de l’homme et du monde » dans la 2e partie). Blaise Cendrars figure poétique des avant-gardes du début du vingtième siècle marquera son époque par ses fulgurances poétiques modernes, de la même manière que son camarade Guillaume Apollinaire avec le poème Zone Claude Leroy exprime parfaitement le décalage de Cendrars d’avec son époque : « En pleine guerre froide […] inviter les jeunes gens à prendre congé de l’Histoire pour emprunter les voies du monde intérieur était d’une inconvenance majeure28 ». Les pauvres habitants de cette banlieue insalubre en font les frais. Le Transsibérien  est le « le premier livre simultané » en accordéon. C’est à ça qu’aboutit toute cette immense machine de guerre. 43Son identification au peuple se conjugue avec une haine du bourgeois et du petit-bourgeois, bien ancrée dans l’œuvre ; elle relève aussi de cette vision du monde empreinte d’anarchisme et faisant signe vers la tradition intellectuelle et artiste anti-bourgeoise de la fin du xixe siècle. 33Le peuple apparaît alors sous la forme de pêcheurs, de pauvres gens (et surtout de braves gens), d’ouvriers et d’artisans aux métiers les plus extraordinaires (égoutier ou scaphandrier), de “tribus” de chiffonniers (BP, p. 423), de romanichels (comme ceux qui logent derrière chez Paquita dans L’Homme foudroyé), de “gitanes”30, de voyous et de titis parisiens, de marginaux, de pauvres ères dépravés, voire abrutis (tel « l’homme aux rats » dans BP, p. 377), « des êtres de la nuit n’appartenant à aucun parti […] des êtres comme il en grouille dans les bas-fonds » (BP, p. 423), d’habitants de la « zone », de mendiants, de gardiens de moutons (BP, p. 434), de saints choisis parmi les plus humbles comme saint Joseph de Cupertino ou frère Jean, pauvre jardinier et saint « de l’humilité pure » (LC, p. 47)…. Ses textes laissent sourdre les grandes craintes de l’après-guerre, consécutives à Hiroshima, telle la survenue d’une guerre atomique. Pourtant, dans l’œuvre dernière de Blaise Cendrars, soit les quatre volumes de sa « tétralogie2 » : L’Homme foudroyé (1945), La Main coupée (1946), Bourlinguer (1948), Le Lotissement du ciel (1949) et le livre écrit en collaboration avec le photographe Robert Doisneau : La Banlieue de Paris (1949), le traitement de la question populaire échappe au politique. 1 Voir Les Voix du peuple sous la direction de Corinne Grenouillet et Éléonore Reverzy, Presses Universitaires de Strasbourg, 2006. Une nuit davril 1912, Cendrars écrit Les Pâques à New-York, un long poème de facture classique, rédigé dun seul trait. 1 Blaise Cendrars et Sonia Delaunay, Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, éditio 1 « L’image simultanée », ainsi nommée par Cendrars et les Delaunay, est caractéristique du moment « moderniste » à son début, entre 1910 et la Première Guerre mondiale. Après l’œuvre autobiographique complète parue dans la Pleiade en 2013, c’est au tour de l’œuvre romanesque et poétique de Blaise Cendrars d’être mise à l’honneur. Pour honorer cette révélation il change de nom : Blaise Cendrars naît. Deux personnages correspondent à cette définition, les maris de Paquita et de Caroline dans L’Homme foudroyé. À gauche également, Les Temps modernes fondé par Sartre en 1945 a récupéré une partie du “capital symbolique” d’une Nrf discréditée par la Collaboration. 1Depuis le xixe siècle, la notion de peuple est éminemment politique1. [Présentation du texte] Dans La Prose du Transsibérien, le poète se souvient de sa découverte émerve… ; REVERZY, Éléonore (dir.). Parce que je déteste les Boches.– Vous n’êtes pas logique avec vous-même, Blaise Cendrars.– Heureusement ! Les clivages politiques ressurgissent tandis que le rideau de fer s’abat sur le monde. Il était un romancier qui avait une influence considérable sur le mouvement moderniste européen. 44Ainsi, La Banlieue de Paris n’épargne pas la médiocrité du rêve pavillonnaire des petits bourgeois et dénonce la haine méprisable de ceux-ci pour plus pauvres qu’eux. 13Il en vient naturellement à collaborer avec les journaux les plus à droite du moment, notamment le fascisant Gringoire où il a des amis. Il voyage pour le compte de Pierre Lazareff (Paris Soir) ; quand le Front populaire arrive au pouvoir, il s’intéresse à Hollywood : Paris-Soir publie plusieurs reportages du 31 mai au 13 juin 1936. ». Le deuxième texte est dû à la plume féconde de Blaise Cendrars, grand poète et navigateur devant l’Éternel. Le poète entraîne le lecteur dans un voyage qui l’éloigne des bornes figuratives de la poésie et l’emporte dans un maelström artistique : un mélange d’abstraction et de futurisme. 51La prose dernière de l’écrivain manifeste une sensibilité inquiète face à l’avenir du monde, doublée d’un pessimisme social et politique total : Cendrars ne croit pas en la validité de l’engagement politique. 35Dans La Banlieue de Paris, Cendrars rappelle que tous les hommes de son escouade pendant la guerre étaient issus des quartiers populaires de Paris. Ils « n’aiment pas les pauvres, les vagabonds, les mendiants », écrit Cendrars (BP, p. 389). Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search. Cendrars se livre à un renouvellement du lyrisme musical dans lequel règne le « faux accord ». 9 « Me voici l’eustache à la main. La deuxième guerre mondiale est déclarée le jour de son anniversaire : il a 52 ans. La guerre m’a profondément marqué. Cendrars fait du Brésil le berceau de l’humanité26 ; les neuf mois qu’il dit passer en Amérique dans L’Homme foudroyé indiquent combien ce « nouveau monde » (HF, p. 343) devient le lieu d’une renaissance possible. C'est là où il a écrit le poème 'La Légende de Novgorode'. 49Cendrars est un écrivain de tout premier plan, qui ne saurait toutefois être réduit à l’image appauvrie qu’une sélection de passages trop ouvertement idéologiques pourraient donner de lui. Le ciel (encore une fois un topos de la poésie) est « plombé » cad bouché, symbolisant l’absence d’avenir. 28Polémiquant explicitement ou non avec les positions de Sartre (LC, p. 311) ou celles d’Aragon, Cendrars s’attache à critiquer la notion d’engagement présentée comme « le conformisme de la dernière génération des écrivains » (LC, p. 198). Ça oui. 38Les hommes du peuple ne sont pas dépeints uniquement par souci de pittoresque, même si Cendrars fait la part belle à la singularité et la vitalité individuelles, à la gouaille, la rouerie et au sens de l’action de ses personnages populaires. On notera tout particulièrement l’ironie de Cendrars, anticonventionnel dans son traitement de l’amour, qu’avaient déjà mis au goût du jour les décadents du siècle précédent. 46Ces « hommes libres » d’autrefois (HF, p. 220), ces « petits gars indépendants », souvent des compagnons du tour de France, sont le type d’ouvriers que célébraient Henry Poulaille et les écrivains prolétariens proches de l’anarchosyndicaliste dans les années trente… alors même que cette catégorie socio-professionnelle avait déjà en grande partie disparu au moment de l’écriture, cédant la place aux ouvriers d’industries. Il a commençé à écrire des poèmes lorsqu'il vivait à Saint-Pétersbourg. Au moment où l’ensemble du champ littéraire est mobilisé par l’antifascisme dans de grands mouvements d’intellectuels comme le Congrès de 1935 « pour la défense de la culture » (auquel participent Aragon, Malraux et Gide) ou à l’inverse se prend de fascination pour l’ordre nouveau promis par le nazisme, Cendrars continue à se situer à l’écart de la question politique, insensible aux « craquements sourds dans la vieille demeure10 ». cit., p. 434-435). Si Cendrars manifeste constamment son attachement aux plus humbles, aux pauvres, aux mendiants, cette attitude relève moins d’une adhésion à une idéologie bien définie que d’un sentiment diffus d’identification, issu de la guerre, parfois développé selon une mythologie christique chère au poète. Le rythme du poème alors s’accélère, saccadé par la brièveté des vers libres qui le composent, certains limités à un mot : « ferraille », « chocs », « rebondissement », voire à une onomatopée avec le « broun-roun-roun » des roues. 19Sous sa plume, le refus du politique prend la forme d’énoncés sentencieux, d’anathèmes ou de diatribes plus ou moins développés, identifiables dans l’ensemble du corpus. L’homme politique ne saurait donc être qu’un être vil, animé par la cupidité et l’intérêt personnel. 29Au matérialisme de la civilisation occidentale Le Lotissement du ciel oppose la vie spirituelle, le mysticisme et la vie des saints (LC, p. 143) ; certains saints ont d’ailleurs été des victimes de ce matérialisme outrancier (voir LC, p. 144). Son œuvre oscille entre :la poésie (la Prose du transsibérienet les Pâques à New-York, 1912) , les romans (l’Or, 1925, Moravagine, 1926)  et les autobiographies romancées (l’homme foudroyé,1945 et la Main coupée, 1946). Ainsi pour Cendrars la vie et la poésie n’étaient pas si loin. Le voyage de Blaise Cendrars : la traversée de l'océan, le Brésil Le départ de la France, le voyage en bateau Le Brésil : l'utopialand de Cendrars Le voyage de Blaise Cendrars d'un point de vue spirituel L'amour et l'amitié Le goût « Folio », 1996, p. 408-409. C - 13013 Marseille FranceVous pouvez également nous indiquer à l'aide du formulaire suivant les coordonnées de votre institution ou de votre bibliothèque afin que nous les contactions pour leur suggérer l’achat de ce livre. L’Amérique nous envoie des machines-outils, la Chine de la main d’œuvre […] » (« J’ai tué » [1918] dans Aujourd’hui, Œuvres complètes, Denoël t. IV, 1962, p. 151-152). J’avoue qu’il y a de quoi et qu’il est légitime qu’il honore son PC qui siège à la mairie et qui la tient fermement en main, des gais lurons communistes, fins manœuvriers, décidés, qui ne reculeront pas et qui savent ce qu’ils veulent » (BP, p. 424). 30Dans ce contexte, le lecteur n’est pas étonné de la détestation de Cendrars pour le “type” social de « l’homme politique ». La tare suprême qui peut affecter ceux qui réussissent à sortir de la pauvreté est justement de s’embourgeoiser (BP, p. 432). L’œuvre de la dernière période montre combien il a vécu cette Deuxième guerre mondiale comme un drame intime, personnel, réactivant les douloureux souvenirs de la Première. Quant à Aragon, et aux surréalistes en général, Cendrars leur a toujours disputé la succession d’Apollinaire et a toujours contesté leur annexion, jugée par lui illégitime, de Rimbaud et de Lautréamont. Présentée et soutenue publiquement le 12 décembre 2014 par Fabienne Liger Marié Sous la direction de M. le Professeur Gérard Elle est pourtant inattendue de la part d’un Suisse, dont les ancêtres du côté maternel viennent de Sigriswill dans l’Oberland Bernois (la mère est une Dorner), parfaitement bilingue et excellent connaisseur de la culture germanique. Le discrédit jetée sur la poésie ou la littérature “pures” défendues pendant l’Occupation s’associe à celui qui pèse sur l’ensemble des idées de droite. Quant au quotidien Le Jour, Cendrars y donna des articles en novembre 1936. Elle signale aussi qu’elle-même et son frère Rémy ont toujours eu des convictions ancrées à gauche. L’« atmosphère de fin du monde » dans laquelle Cendrars dit écrire, en 1944, L’Homme foudroyé19 laisse la place, dans Le Lotissement du ciel, à la référence aux « guerres exterminatrices » du xxe siècle (LC, p. 191) et la fin du genre humain (LC, p. 197). Selon Michèle Touret, Cendrars visait alors la « bourgeoisie entendue comme ensemble d’individus moyens, heureux de leur médiocrité et dont les préoccupations ne dévient pas de cette béatitude moyenne33 ». 14L’histoire, sinon la politique, va rattraper Cendrars le 1er septembre 1939. Blaise Cendrars [sɑ dʁaːʁ] [1], de son vrai nom Frédéric Louis Sauser, est un écrivain d'origine suisse, né le 1 er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel (), naturalisé français, et mort le 21 janvier 1961 à Paris. L’écrivain, qui considère la voix populaire (ou, sa variante la voix nègre ou primitive) comme une source de poésie35, montre par cette analyse une approche moins politique qu’esthétique et imaginaire de la voix du peuple. « nrf essais », 2005, 754 p. 32 Voir dans La Banlieue de Paris, les photos respectivement légendées : « La nouvelle génération (Arcueil-Cachan) » (p. 367) et « Les petits poucets qui vont au lait » (p. 368). Problématique et découpage du texte en mouvements : Comment la modernité des vers figurent-elle le voyage hallucinatoire du poète dans le transsibérien ? Dès l'âge de 17 ans, il quitte la Suisse pour un long séjour en Russie puis, en 1911, il se rend à New York où il écrit son premier poème Les Pâques (qui deviendra Les Pâques à New York en 1919). Certaines notations sur le prolétariat de la banlieue rouge peuvent ainsi surprendre sous sa plume : « Aujourd’hui, le prolétariat de Saint-Denis est le plus fier du monde. Blaise Cendrars, La prose du Transsibérien, vers 157-192, (1913) (voir autre texte à la page 274 de votre manuel) Guillaume Apollinaire, 2ème canonnier conducteur, Calligrammes, 1918 Prévert, « La grasse matinée 1946 L’hypallage donne un coeur au train personnifié qui palpite « au coeur des horizons plombés ». 52Si elle semble s’accentuer dans la dernière partie de son œuvre, la sympathie de Cendrars pour le peuple s’arrête au seuil de la politique. 2 Selon l’expression de T’Sertsevens, ami de Cendrars et écrivain, communément reprise par la critique cendrarsienne. Cendrars s’y interroge : « je me demandais ce que venaient chercher en banlieue parisienne tous ces damnés voués à la géhenne et pour qui je le constatais tous les jours, il n’y a aucun espoir et d’aucune sorte » (HF, p. 338). Cendrars cloue au pilori ceux qui craignent la Révolution et la Ceinture rouge, tel cet homme qui, en 1937, déclarait à sa femme : « Mimi, réveille-toi. 24 Pour reprendre le titre d’un texte publié dans Trop c’est trop (1957). L’écrivain est situé martèle Sartre dans ses textes publiés dans Les Temps modernes : il ne peut échapper au politique. La personnification sardonique renvoie au sadisme du poète vis-à-vis de Jehanne. Mais on se souviendra que les mouvements de gauche ne furent pas les seuls à célébrer les vertus populaires. Cette rencontre avec le peuple, c’est en effet la guerre qui l’a permise : D’où me vient ce grand amour des simples, des humbles, des innocents, des fadas et des déclassés ? Après trois années de silence, il commence en 1943 à écrire ses Mémoires : L'Homme foudroyé (1945), La Main coupée (1946), Bourlinguer (1948) et Le Lotissement du ciel (1949). GRENOUILLET, Corinne (dir.) 30 Cendrars féminise le nom des gitans dans L’Homme foudroyé. C’est là qu’en 1943, après trois années de silence marquées par la profonde douleur de voir la France envahie, Cendrars reprend la plume pour une intense période d’activité créatrice : il écrit les quatre impressionnants volumes de ces mémoires « qui sont des mémoires sans être des mémoires ». Le cadre plus général d’une politisation excessive du champ littéraire, sinon de la Littérature, permet de mesurer l’originalité (et la marginalité) de la position de Cendrars dans les années d’après-guerre. […] L’expérience de plusieurs civilisations. 29 Blaise Cendrars, Moravagine [1926], Œuvres complètes, Denoël t. II, 1961, p. 385. Depuis j’en suis…HF, p. 385. Livraison chez vous ou en magasin et - … En 1926, il écrit L’Eubage , voyage intersidéral au cours duquel des marins lèvent l’ancre et se rendent dans les parages du ciel : »… Cette question fait tourner court l’interrogatoire. 32La sympathie manifeste de Cendrars pour le peuple, les humbles, les miséreux semble le rapprocher de l’exaltation populiste, voire communiste, pour le prolétariat. Elle signale alors sa lecture d’une vie de Trotsky en 1930 et insiste davantage sur les circonstances historiques (atténuantes) des positions politiques de son père. À ses débuts, il utilise brièvement les pseudonymes Freddy Sausey, Jack Lee et Diogène. 20Le Lotissement du ciel accentue cette mise en cause, à travers une accusation plus générale portée contre le modernisme et les choix de civilisation opérés par notre société occidentale. Il voyage beaucoup et peaufine sa légende de bourlingueur et d’aventurier en écrivant abondamment pour les journaux. 26 Dès « Le principe de l’utilité », texte figurant dans Moravagine (1926). Deuxième partie : la vitesse vertigineuse du train qui déforme le paysage (V.8-12). 6Du « grand Christ rouge de la Révolution » (dans La Prose du Transsibérien, 1913), jusqu’au souvenir d’une mystérieuse Lénotchka (jeune fille qui aurait été pendue à Viborg : voir LC et HF) en passant par l’épisode révolutionnaire de Moravagine (1926), la Révolution russe figure comme l’arrière-plan d’épisodes d’une vie présentée comme dangereuse6 ; elle alimente le fantasme libertaire et nihiliste de la volée en éclats d’un système contraignant l’individu mais n’est pas associée à l’espoir d’un changement social. 9Une seule raison est avancée, marquée par l’affectivité, voire teintée d’irrationalité : Parce que je déteste les boches. » (BP, p. 370-371). Adresse : 5 allée du général Rouvillois 67000 Strasbourg France. 10 Aragon, « Et comme de toute mort renaît la vie », préface aux Voyageurs de l’Impériale, Gallimard « Folio », 1965. La période artistique voit fleurir les avant-gardes : le futurisme axé sur la représentation de la vitesse, le cubisme qui représente la réalité sous la forme de figures géométriques, le dadaïsme qui confie à l’art la mission non plus de représenter le monde, mais de le provoquer en cassant les codes bourgeois de la société et la notion d’esthétique. 48Existe-t-il, selon Cendrars, des solutions politiques aux problèmes suscités par notre modernité et aux conditions de vie misérables du peuple ? In Grenouillet, C., & Reverzy, É. En 1913, il fait paraître son poème le plus célèbre, la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Cendrars … 4Un détour biographique invitera toutefois à considérer les paradoxes d’une vie en prise sur un siècle marqué par plusieurs révolutions et deux guerres mondiales, afin de mieux saisir la « vision du monde » que s’est peu à peu forgée cet “anarchiste de droite” et comprendre sa position, toujours excentrée, dans le monde littéraire et la vie publique. Une citation de Jacques Decour (fondateur communiste des Lettres françaises), est ainsi paradoxalement dirigée contre les communistes (LC, p. 342). cit., p. XI-XII. dans BP, p. 427), mais martèle aussi : « l’usine, c’est le bagne ». La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France, composée de quatre cents "formules" inégalement rimées et rythmées, est la version poétique d'un premier voyage que Cendrars entreprit, à l'âge de seize ans. Ce vers, s’il renvoie à l’image du paysage sous l’effet de la vitesse du train, renvoie également à la facture même du poème. Ce livre est mis au pilon par les Allemands peu après sa parution ; Cendrars, qu’on soupçonne d’être juif, figurera sur la liste Otto des auteurs indésirables. Frédéric Louis Sauser, dit Blaise Cendrars [sɑ̃.dʁaːʁ], est un écrivain suisse et français, né le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et mort le 21 janvier 1961 à Paris. L’exode et la transplantation de Parisiens dans des pavillons hâtivement construits est, dit-il, « un des spectacles les plus décourageants qu’il m’ait été donné de voir dans ma carrière mouvementée de reporter » (HF, p. 341-342). 3 On se référera aux travaux de Michèle Touret, Blaise Cendrars et le désir du roman (1920-1930), Champion, 1999, coll. Non seulement les usines empoisonnent l’atmosphère, mais elles sont source de nuisance sonore (« tintamarre », BP, p. 386) ; plus qu’un autre, le « travail industriel est maudit » (BP, p. 426).